
La pluie s’est enfin arrêtée, le ciel est clair mais indéniablement teinté de gris. La ville deux fois plus grande que Bordeaux me montre enfin son vrai jour. La résidence est située à ses abords, relativement excentrée du Downtown et de la fac. Je m’attarde tout d’abord sur le pont Ozeki avant de longer les bords de la rivière Shirakawa. Les grillons couvrent bientôt le bruit des voitures et une des dernières cigales chante encore dans le matin qui s’achève. Dans le dédale des rues qui jalonnent mon parcours, des cris m’aguichent. Des japonais jouent au baseball sur un gazon décapé, entre amis, le batteur n’est pas très doué d’ailleurs et adopte des postures de samouraï. Plus loin, ca joue sérieux, les balles fusent, sont tapées et rattrapées d’une manière précise et machinale. Le charme du japon se présente à moi lorsque, au bord de la route 337 qui mène à Kurokami, emmitouflé dans son cocon de bambous larges comme des troncs d’arbres, un temple shinto se révèle, si inattendu. Un signe de tête à la gardienne et je peux admirer l’endroit et profiter de sa quiétude. L’air semble ici s’être débarrassé de sa pollution urbaine et je peux enfin respirer.
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